Picardie : Claude Gewerc
Départements : Aisne (02), Oise (60), Somme (80)
Population : 1 886 000 hab.
Densité : 97 hab./km2
Budget 2009 : 1 000 millions d’euros
- Éducation, formation, apprentissage : 42%
- Transport et développement durable : 27%
- Développement économique et emploi : 8%
Historiquement, la Picardie est forte de savoir faire industriels et agricoles. À la tête de la région, les socialistes ont voulu les redynamiser en s’appuyant sur la recherche développement et en misant sur les hommes. L’objectif : enrichir et ouvrir le territoire. Pari tenu.
« En 2004, on gagne cette région sur un programme qui affirme le besoin d’un nouveau modèle de développement mais en s’appuyant sur et l’agriculture. Dès le début, nous assumons un choix industriel, au moment où ce n’est pas la mode. À cette époque, l’opposition se moque de notre stratégie, elle la trouve ringarde. On les entend beaucoup moins aujourd’hui », rappelle Claude Gewerc, président de la Région Picarde et candidat à sa propre succession. Bien avant la crise, les élus régionaux s’interrogent sur la manière de préserver et de renforcer le tissu économique. Mais renier les savoir-faire historiques des territoires n’aurait servi à rien. Il fallait réguler et développer. Maintenir l’emploi dans un premier temps. Dès 2006, une mission d’intervention économique et sociale, visant à répondre aux entrepreneurs et aux salariés face aux difficultés, est créée. En parallèle, les socialistes ont à coeur de préparer l’avenir, pour que la Picardie redevienne une région riche et attractive. Ils travaillent alors au renforcement progressif de la composante recherche, transfert et innovation pour donner à la région un visage industriel à haute valeur ajoutée.
« Entre 2004 et 2009, c’est déjà pari gagné ! Nous nous sommes appuyés sur notre tradition agro-industrielle pour candidater au titre de pôles de compétitivité notamment. Il y en a trois aujourd’hui sur la région », poursuit Claude Gewerc. « Il s’agit par exemple du pôle Agro-ressources qui a pour mission de valoriser la plant entière en substituant les ressources naturelles à la pétrochimie. Nous sommes, dans ce domaine, un pôle majeur à l’échelle européenne. Nous avons donc choisi de développer davantage la chimie verte. On ne parle pas d’agro-carbu-rants ici,mais d’industries qui s’appuient sur de nouveaux modes de production », précise Anne Ferreira, vice-présidente en charge de la recherche. La mutation entreprise par la Région ne se fait pas secteur par secteur. Elle est transversale et orientée vers le développement durable. D’ailleurs en créant Picardie énergie développement, un outil financé à hauteur de 12 millions d’euros par la Région (50%), les socialistes confirment cette volonté en soutenant des projets liés à la maîtrise de l’énergie qui dans le cas contraire n’auraient jamais pu voir le jour. Dans les faits, c’est par exemple la construction d’une centrale de cogénération électricité-vapeur à destination des agriculteurs.
Former
Mais pour donner toute la cohérence à leur programme, les élus savaient que la formation des hommes était centrale.
« Quand nous sommes arrivés en 2004, les niveaux de formation étaient assez faibles. Les savoir-faire existent, mais l’ancienne logique industrielle a abouti à un certain cloisonnement de l’emploi et des métiers. Et pour nous, il existe une grande corrélation entre le niveau de formation et le niveau de développement », explique encore le président du Conseil régional. L’objectif est alors de favoriser l’accès à l’université. La Région est ainsi engagée dans un contrat de projet universitaire à hauteur de 100 millions d’euros. L’État est minoritaire avec une participation de 77 millions d’euros. Pour que les jeunes ne se détournent pas des études pour des raisons financières, la Région assure pour tous les étudiants boursiers l’entière gratuité des transports, ou prend en charge un chèquemutuelle de 90 euros. Il s’est aussi agi d’attirer les grandes écoles sur les territoires. Quatre se sont installées en Picardie. Par des contrats passés avec la Région, les jeunes Picards se voient proposer la gratuité de la scolarité les deux premières années. La troisième, ils peuvent accéder à l’alternance. La Région a par ailleurs décidé de miser fotement sur la formation tout au long de la vie.
« Entre 2004 et aujourd’hui, le budget est passé de 62 millions d’euros à 198 millions, souligne Didier Cardon, vice-président en charge de la question. Nous avons mis l’accent sur deux aspects : la qualification et la sécurisation des parcours professionnels. Aujourd’hui deux fois plus de demandeurs d’emploi retournent en formation, grâce notamment au dispositif « former pour ne pas chômer ». Des stages de parcours vers l’emploi ont été développés et mènent aujourd’hui 85% de ses bénéficiaires vers l’insertion. Enfin l’apprentissage a largement progressé. Les jeunes qui sortaient sans qualification en 2004 représentaient 12,5% de l’ensemble des élèves. Ils n’étaient plus que 7,9% en 2007 ». Pour les élus, ce ne sont pas des mesures sociales mais des mesures de nature à changer l’avenir économique de la région, en s’appuyant sur les hommes et les femmes qui y vivent.
Décloisonner
Pour construire cet avenir prometteur, la Région devait s’appuyer sur une stratégie ambitieuse d’aménagement du territoire et d’ouverture. « La Picardie est un ensemble urbain plutôt équilibré. Mais elle ne se trouve pas au milieu de rien. Elle est à proximité immédiate de la région Île-de- France, la plus puissante de France. La question qui nous est posée est : comment on peut se positionner par rapport à elle ? Évidemment, nous n’avons pas opté pour un rapport hostile », affirme Claude Gewerc. Le but est surtout d’inscrire le territoire dans l’Europe du nord-ouest. L’alliance de l’ancienne majorité avec l’extrême droite avait cloisonné la région et rendu plus difficiles ses rapports avec les régions voisines. À l’heure actuelle, la stratégie est bien celle de l’inter-régionalité pour donner toute sa place à la Picardie. Ainsi dans le cadre de discussions communes, a été décidée la mise en oeuvre du projet de liaison Picardie-Creil-Roissy. Sept kilomètres de voies entre l’aéroport international et la ville de Creil pour ouvrir la région sur le monde. Au-delà des possibilités de transports offertes par Roissy, ce projet d’envergure ouvre de nouvelles perspectives pour la Picardie. La logique est pragmatique : développer le tourisme, les échanges économiques et la mobilité des Picards. La mise en service prévue pour 2017 fait donc l’objet de grandes attentes. Un investissement à long terme pour donner toutes ses chances de réussite à la Picardie.






