Haute-Normandie - Alain Le Vern

Superficie : 12 317 km2
Départements : Eure (27), Seine-Maritime (76)
Population : 1 780 192 hab.
Densité : 145 hab./km2
Budget 2009 : 976 millions d’euros

  • Éducation, formation, apprentissage : 42,75%
  • Transport et développement durable : 16,25%
  • Développement économique et emploi 6,27%
Continuer la « remontée fantastique » pourrait être le credo des socialistes haut-normands. Quand ils gagnent la Région en 1998, la Haute-Normandie est au plus mal : taux de chômage supérieur à la moyenne nationale, taux d’endettement le plus élevé de France et, pour ne rien arranger, taux d’imposition-record sur tout l’hexagone… Il en fallait plus pour décourager l’équipe emmenée par Alain Le Vern, fière d’avoir renforcé le rôle du Conseil régional tout en remettant la situation économique de l’institution dans le droit chemin.

Région la plus jeune de France avec 35,6 % de la population âgée de moins de 25 ans, 4e région pour le commerce extérieur et 1e façade maritime française avec les ports du Havre et de Rouen, la Haute-Normandie a des atouts qu’il fallait savoir utiliser pour que « le Conseil régional joue son rôle de bâtisseur du futur » remarque Alain Le Vern qui entend mener à nouveau la gauche vers la victoire en mars prochain. « Durant ce mandat, nous avons vraiment consolidé le rôle de la Région dans l’esprit des habitants. Il a fallu être innovant et créatif pour continuer à répondre à l’attente de tous, surtout dans une période où l’État s’est totalement désengagé. »

Au chapitre des innovations, le partenariat unique en France entre le Conseil régional et les deux départements qui composent la région fait la fierté du président. Un dispositif qui a permis d’agir sur la vie quotidienne des Haut-Normands. La créativité est une marque de fabrique. C’est ici en effet qu’a été inventée, il y a 12 ans, lors de la première mandature, « la carte Région » qui permet aux lycéens d’accéder gratuitement à plusieurs centaines d’évènements culturels et sportifs, et de ne payer qu’une partie des livres scolaires. « C’est un grand plaisir de voir que la quasi-totalité des conseils régionaux gagnés par la gauche six ans plus tard ont adopté ce système » se réjouit Alain Le Vern.

Dessiner l’avenir du territoire par de grands projets d’infrastructures et faire entrer définitivement la région dans la vie quotidienne des citoyens résume l’état d’esprit de ce mandat qui s’achève. « En cette période de crise, nous nous devons d’aider les Haut-Normands dans leur vie de tous les jours. Sur les transports par exemple, nous avons sorti les grands moyens. En sept ans, nous avons investi l’équivalent d’un an de budget du Conseil régional uniquement dans le ferroviaire ». La mobilité comme facteur d’excellence économique.

Les entreprises ne sont pas en reste. Sur ce territoire industriel qui s’est retrouvé en première ligne face à la crise économique, le Conseil régional se devait d’être omniprésent pour conserver les emplois. Au moment où les banques étaient défaillantes c’est la Région qui s’est muée en institution financière pour que les projets ne stagnent pas dans les entreprises. « Renault a été notre premier client, si je puis dire. Nous leur avons prêté plus de 12 millions d’euros à taux-zéro pour finir le développement de leur prochain moteur. Mais en contrepartie, nous avons la garantie qu’il sera produit à Cléon, en Seine-Maritime. »

Autre dispositif, la formation comme alternative au chômage économique. « Lorsqu’une entreprise était sur le point de licencier, nous proposions de faire suivre au salarié concerné un parcours de formation de six mois. Le temps pour l’entreprise de laisser passer la tempête et pour le salarié, d’acquérir de nouvelles compétences ».

Au total ce sont plus de 30 millions d’euros qui ont été investis dans ces mesures. La sérénité dégagée par le sentiment du devoir accompli, sans jamais tomber dans la suffisance, pose la questiondes prochaines échéances. Qu’est-ce qui pourrait faire tomber les socialistes Haut-Normands ? « Pas les ministres qui se pressent sur la liste de droite en tout cas ! » répond du tacau-tac le président de Région qui a vu Hervé Morin, actuel ministre de la Défense, siéger « dix minutes en six ans, et ne porter aucun projet auprès du gouvernement. » Peu d’inquiétude alors concernant la menace, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, qui emmènera la liste de droite. Car face à une opposition endormie depuis les élections de 2004, la majorité de gauche a avancé comme un seul homme. « L’immense majorité de nos délibérations ont été faites à l’unanimité » commente Alain Le Vern. « Nous n’avons pas eu la moindre anicroche dans nos relations avec nos partenaires. La volonté d’indépendance des verts et des communistes pour le premier tour de la prochaine élection est incompréhensible et artificielle. On voit bien qu’ils sont dans une stratégie qui n’a rien à voir avec la Haute-Normandie » note-t-il, un brin agacé.

La prochaine mandature est déjà mise sur de bons rails. « Nous avons la chance de pouvoir faire un grand renouvellement de notre équipe», se projette Alain Le Vern. Déjà lors du dernier mandat quatre des vice-présidents avaient dû quitter l’institution régionale après avoir gagné de nouvelles collectivités ou de nouveaux sièges au Parlement. Cette vivacité est importante pour notre créativité collective.