Basse-Normandie : Laurent Beauvais

Superficie : 17 330 km2
Départements : Calvados (14), Manche (50), Orne (61)
Population : 1 456 793 habitants
Densité : 82 hab/km2
Budget 2009 : 685,16 millions d’euros

  • Éducation, formation, apprentissage : 43,80%
  • Développement économique et emploi : 9,16%
  • Transport et développement durable : 18,24%
Ils étaient peu nombreux à miser sur une victoire de la gauche en Basse-Normandie, il y a six ans. Dans cette région dirigée depuis toujours par la droite, le PS et ses alliés avaient toujours été distancés dans les scrutins. Mais en 2004, la liste emmenée par Philippe Duron, aujourd’hui maire de Caen, créée la surprise et remporte la Région, aidée par une triangulaire avec la droite et le FN. « C’est vrai que nous ne nous attendions pas à gagner mais pour autant nous étions prêts à travailler tous ensemble » se rappelle avec quasiment six ans de recul Corinne Feret, vice-présidente du Conseil régional bas-normand. Et pour preuve, à quelques mois des élections de mars prochain, la gauche peut se targuer d’un très bon bilan.

« Nous n’avions cessé de comparer la Basse-Normandie à la belle endormie. Une région au passé glorieux mais qui, au fil des décennies, s’est laissé rattraper et distancer par d’autres territoires plus dynamiques

» explique Laurent Beauvais, président du Conseil régional et candidat à sa propre succession. Exode de la jeunesse, industries en phase de délocalisation, grands projets d’infrastructures en berne, la droite s’était laissé bercer par la douce musique du pouvoir qu’elle pensait sien pour toujours. Face à ce constat, une solution s’imposait : mettre la jeunesse au cœur du projet des socialistes. « Ce fut véritablement notre fil rouge tout au long de la campagne et de notre mandat. Il fallait absolument ouvrir la région dans tous les sens du terme. » Recherche, formation, culture, sports, tarifs ferroviaires avantageux, partenariats internationaux… Tout devait être fait pour apporter un grand bol d’air à ce territoire proche de la suffocation.

« Nous avons rempli notre premier objectif en freinant l’exode des jeunes. Il est triste pour une région de voir son avenir ainsi s’exiler. Il a donc fallu redonner de l’attractivité à notre territoire » note Laurent Beauvais. Pour cela, il était important de replacer la région dans environnement. Des partenariats ont été noués avec toutes les régions limitrophes, la Haute-Normandie la première. Le développement international a été enclenché grâce à des partenariats avec la Chine, le Canada, la Macédoine, Madagascar et la Norvège.

Cette ouverture est un des succès que le président actuel partage avec Philippe Duron, qui a dirigé la Région jusqu’en 2008, date de sa victoire historique à la mairie de Caen. « Ce départ aux deux tiers du mandat d’une figure comme celle de Philippe aurait pu nous déstabiliser. Mais nous avons tellement bien préparé cette transition que ça a été un atout pour nous, cela nous a remobilisé et a ressoudé l’équipe pour la dernière ligne droite du mandat » analyse Corinne Feret. La droite, peu audible durant le mandat, n’a pas réussi à utiliser ce changement à la tête de l’exécutif pour se remobiliser. « C’est vrai qu’ils ont semblé abattus tout au long du mandat, lance Laurent Beauvais. Ils ont été choqués par cette défaite qui leur semblait impossible. »

Pour preuve, ils ont régulièrement voté les propositions soumises par la majorité de gauche. « La seule véritable pierre d’achoppement entre nous a éclaté lors de la mise en place des emplois tremplins ». Pourtant la réussite est au rendez-vous puisque cette aide à la création d’emploi à destination des associations a déjà dépassé les objectifs fixés en début de mandat. Le mouvement associatif a adhéré. La Région partait en effet sur une base de 500 emplois, ils seront finalement 600 d’ici 2010. « Il est étrange de voir que les élus de droite qui votent contre chaque décision concernant ce dispositif sont les premiers à en faire la promotion dans leurs territoires » note Corinne Feret.

« Notre grande fierté est d’avoir fait connaître le Conseil régional et ses actions aux citoyens, résume Corinne Feret, Je suis persuadée que les Bas-normands se sont habitués à cette relation de proximité, et aux avantages qu’elle induit ». Malgré ces réalisations, de nombreux chantiers sont encore en cours. « Entre les Jeux équestres mondiaux qui se dérouleront ici, le 70e anniversaire du débarquement en Normandie et la fin des grands travaux engagés sur le Mont-Saint-Michel, l’année 2014 sera un point de repère pour beaucoup d’entre nous. »

De quoi signer un deuxième bail avec la présidence socialiste.